Texte à méditer...  Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.  René Char
Le Mémorial

Fermer Historique

Fermer Manifestations 2017

Fermer Manifestations 2016

Fermer Manifestations 2015

Fermer Manifestations 2014

Fermer Manifestations 2013

Fermer Manifestations 2012

Fermer Manifestations du 27 mai 2011

Fermer Manifestations du 27 mai 2010

Fermer Manifestations du 27 mai 2009

Fermer Hommages du Mémorial

Jean Moulin

Fermer Biographie

Fermer Ses Compagnons

Fermer Dossiers

Fermer Témoignages

Fermer Bibliographie

Fermer Hommages à Jean Moulin

Hommages du Mémorial - Bernard Bermond
Bernard « Benjamin » Bermond, un Résistant intrépide,
à l’origine de la création du Mémorial.

Bernard Bermond

Bernard Bermond

Né le 3 mars 1921 à Istanbul (Turquie), résidant au Havre à la déclaration de la guerre, B.Bermond s'engage pour la durée de celle-ci. Puis il quitte Le Havre, se retrouve à Morlaix, et ensuite à Brest, où il cherche à rejoindre l'Angleterre. Mais, les troupes ennemies arrivant, il revient au Havre. Au début de 1941, il fait partie du groupe de résistance Andréani, dont la mission était de faire évader vers Paris des prisonniers français retenus au Havre. A la suite de quoi, contraint de quitter Le Havre, il s'installe à Marseille en janvier 1942.

Après avoir été obligé de fréquenter les « Chantiers de la jeunesse » du maréchal Pétain, il rejoint la Corse en novembre de la même année, et intègre en février 1943 le réseau R2/Corse, aux côtés de M. Panicali et de Joseph de Rocca-Serra, qui deviendra par la suite son radio.

Arrêté par la police italienne le 15 juin 1943 à Bonifacio, il est incarcéré à la citadelle de la ville, mais libéré au bout de deux mois. Et il va participer à la libération de l'île et, notamment, à la bataille de Levie. Pris dans une embuscade, il sauve d'une mort certaine deux résistants, les frères Grimaud, ainsi que Jérôme Filippi.

Après la libération de la Corse, Bernard Bermond rejoint Alger, s'engage dans l'Armée française, et est détaché auprès de l'O.S.S. (Office of Strategic Services, services secrets américains), qui cherchait des volontaires pour être parachutés en France. A l'issue d'un stage d’entraînement complet de trois mois, il est nommé Chef de mission. Mais n'ayant pas pu être parachuté sur le continent à cause d'un vent violent, il embarque à Bastia avec Dominique Borghi sur une vedette italienne conduite par un officier anglais, qui les conduit sur la côte varoise, non loin de Ramatuelle, à la Pointe de Capon, au Cap du Pinet. Et c’est le 28 décembre 1943 qu’ils débarquent, à quelques mètres de l'ennemi.

Cette première mission consistait à créer un réseau implanté de Monte-Carlo au Vaucluse, en passant par Salon-de-Provence (à cause de la présence de la Base aérienne) et surtout, de fournir des renseignements sur les dispositifs militaires mis en place par l'ennemi.

Une fois la mission achevée, et avec succès, il tente de rejoindre Alger via l'Espagne. Mais, après un accrochage avec les Allemands, il ne peut - moindre mal - que se constituer prisonnier des Espagnols à Llivia (enclave espagnole en territoire français). Avec lui, Borghi et un ingénieur de Sud Aviation, Chantesais, qu'il avait pour mission de ramener à Alger. Transférés à Puigcerdá par les carabiniers espagnols dans une camionnette, cachés dans des sacs de pomme de terre, les prisonniers se voient, en raison d’un contrôle allemand, pris en charge par la police, cette fois. Sachant qu'ils seraient entièrement déshabillés pour une fouille complète, Bernard Bermond avait eu la présence d’esprit de souiller son slip, après avoir caché dans la ceinture élastique les microfilms qu’il convoyait. Ce stratagème devait porter ses fruits puisque les policiers espagnols n’insistèrent pas et lui ordonnèrent de se rhabiller. Il sauvait ainsi des documents d'une importance stratégique. D’autant que, détenu à la prison de Puigcerdá, il réussit ensuite à convaincre son geôlier de transmettre au consulat américain de Barcelone les fameux microfilms, le gardien parvenant de son côté à convaincre un de ses amis agriculteurs, qui se rendait tous les mercredis avec ses légumes à Barcelone, de transporter les documents, cachés dans un des cageots. Pour permettre à l'agriculteur de se faire connaître des Américains, Bernard Bermond lui avait confié une bague de reconnaissance qu'Alger lui avait remise. C’est ainsi que le paysan put remettre les documents en de bonnes mains et, en même temps, faire connaître la détention de Bernard Bermond.

Et finalement, après des semaines de détention dans les prisons de Puigcerdá, Barcelone, Saragosse et au camp de Miranda del Ebro, et grâce à l’intervention du consulat américain informé par l’agriculteur, Bernard Bermond fut libéré au début du mois de mars 1944. Après quoi, il put rejoindre, par avion spécial, Alger, via Gibraltar et Casablanca. Arrivé dans les locaux de l'O.S.S., non seulement on le félicita mais il eut de plus l'agréable surprise de voir tous ses documents, agrandis, suspendus aux murs d’une pièce entière.

Il n’apprit que par la suite que sa tête avait été mise à prix, ainsi que celle de Borghi. Malgré cela, il lui est demandé de revenir en France, accompagné de son ami de Rocca-Serra, qui, entretemps, avait passé avec succès le stage « radio ».

Et le voici parachuté pour une deuxième mission en France, le 24 mai 1944, en qualité de chef de Réseau. Non sans mal : une première tentative de parachutage est annulée à cause du mistral, la seconde, à cause du sabotage de l'avion au décollage et la troisième, pour cause d’atterrissage en catastrophe à Bastia, après des tirs de DCA qui touchent deux des quatre moteurs de l’avion. La quatrième tentative fut la bonne !

Parachutés au «Vallon de l'Homme mort», près de La Bouilladisse (Bouches-du-Rhône), Bernard et son compagnon arrivent à Belcodène et se cachent dans le cabanon appartenant à de Rocca-Serra. Lors de la même opération de parachutage, un container sur deux avait été perdu et, découvert par des gendarmes français, il fut remis à la police allemande, laquelle décida bien sûr d’un ratissage de toute la région…

Pourtant, B. Bermond réussit à rejoindre Marseille pour y retrouver l'équipe du réseau qu’il avait précédemment mis en place, dont son « garde du corps », « Mancini ». Son radio, de Rocca-Serra, débordé par les messages à transmettre à Alger, fut contraint de demander un renfort radio à Alger. L’état-major lui envoya un nommé « Marc ». Après confirmation d’Alger, rendez-vous fut pris le 12 juin 1944 à 18 heures au bar Berlioz (rue Berlioz), à Marseille. Marc y arrive avec un nommé Pavia. Quelques minutes après, c’est la Gestapo qui fait irruption dans le bar et procède à l'arrestation de toutes les personnes présentes, Bermond, bien sûr, mais aussi de Rocca-Serra et Mancini…

Bernard Bermond est emmené dans les locaux de la Gestapo, 425 rue Paradis, et torturé plusieurs jours durant. A l’occasion d’une alerte aérienne, les prisonniers sont mis à l’abri dans une cave. Bernard y retrouve ses camarades, sauf « Marc » et Pavia. La trahison était signée…

Quelques jours après, on introduit dans la cellule un prêtre, l'abbé Choquet. C’est grâce à lui que Bermond réussit - ce qui était considéré comme « mission impossible » - une spectaculaire évasion. Du siège même de la Gestapo ! Ce qui, plus tard, lui valut d’être décoré de la Légion d'Honneur. Et cette évasion permit de dénoncer aux services d'Alger la trahison de Marc et d'arrêter, à la Libération, dix complices de Pavia travaillant pour la Gestapo, dont plusieurs, y compris Pavia, furent condamnés à mort.

Dernière précision : le réseau FYR de B. Bermond, unité combattante du 28/12/43 au 30/09/44, comptait 144 membres, partagé en trois groupes : « Frascati », « Yves » et Riand ».

Félicité par Bill Clinton

En 1994, à l'occasion d'une cérémonie à Nice, pour le 50ème anniversaire du Débarquement en Provence, Bill Clinton, alors président des Etats-Unis, fit remettre à Bernard Bermond une lettre de félicitations, en reconnaissance des renseignements fournis à l'époque, lettre remise par le général américain Quinn, adjoint du général Patch, et en présence du chef de B. Bermond à l’O.S.S., le colonel Hyde. Les renseignements réunis par B. Bermond avaient permis aux troupes alliées de modifier et sécuriser leur dispositif de débarquement.

Après la guerre, Bernard Bermond va prendre une part de plus en plus active dans la vie municipale. Adjoint au maire de Salon-de-Provence pendant vingt-quatre ans, il a également été conseiller régional, et durant tout ce temps, toujours très actif au sein du monde combattant.

Elu président de la section départementale des Forces Françaises Combattantes en l961, constamment réélu ensuite, il a été, avec toute une équipe et Laure Moulin, à l'origine de l'édification du Mémorial Jean-Moulin à Salon-de-Provence. Président du Comité régional du Mémorial dès 1964, il mène le projet à son terme, fort de l'amitié et du soutien inconditionnel de Laure Moulin, la soeur du héros. De même, le projet aura bénéficié d'une caution morale sans égale, puisque le général De Gaulle acceptera, fait unique, la présidence d'honneur du Comité et accordera au projet son Haut Patronage.

Le 28 septembre 1969, en présence des plus hautes autorités civiles et militaires françaises et étrangères, Jacques Chaban-Delmas, alors Premier ministre, inaugure officiellement le Mémorial Jean-Moulin, monument considéré, grâce à la sculpture magistrale de Marcel Courbier, comme l’un des plus imposants de tous ceux érigés à la mémoire du courageux préfet de Chartres, délégué du chef de la France Libre, chargé de l'unification de toute la Résistance française, et qui fut le premier à présider le Conseil National de la Résistance, sa création, le 27 mai 1943.

Bernard Bermond est mort le mercredi 30 juillet 2008, à Marseille. Ses obsèques se sont déroulées à Salon-de-Provence, en présence d’une foule d'amis, d’anciens résistants et d’anciens combattants venus de tous les départements et de la capitale, ainsi que de très nombreux porte-drapeaux. Un dernier hommage lui a été rendu le lundi 4 août 2008, en l'église Saint-Laurent de Salon. Les plus hautes autorités du département étaient représentées, ainsi que la Fondation de la Résistance, en la personne de son vice-président Pierre Morel - également président du Comité d’Action de la Résistance -, François-René Cristiani-Fassin, président délégué du Comité régional du Mémorial Jean-Moulin, et Jules Sébastianelli, vice-président, M. le député Kert et Monsieur le maire de Salon-de- Provence.

Bernard Bermond est Commandeur de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre national du Mérite, Croix de guerre 39/45 avec citation à l'ordre de l'Armée, Médaille de la Résistance avec rosette, Médaille des Evadés avec Croix de guerre et Croix du Combattant Volontaire.


Date de création : 26/03/2009 - 20:23
Dernière modification : 24/04/2012 - 10:52
Catégorie : Hommages du Mémorial
Page lue 7886 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !

Recherche



Webmestre - Infos
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Top