Texte à méditer...  Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut.   Frédéric Mistral (1830-1914)
Le Mémorial

Fermer Historique

Fermer Manifestations 2017

Fermer Manifestations 2016

Fermer Manifestations 2015

Fermer Manifestations 2014

Fermer Manifestations 2013

Fermer Manifestations 2012

Fermer Manifestations du 27 mai 2011

Fermer Manifestations du 27 mai 2010

Fermer Manifestations du 27 mai 2009

Fermer Hommages du Mémorial

Jean Moulin

Fermer Biographie

Fermer Ses Compagnons

Fermer Dossiers

Fermer Témoignages

Fermer Bibliographie

Fermer Hommages à Jean Moulin

Ses Compagnons - Raymond FASSIN

Raymond FASSIN (1914-1945)
de la mission « Rex » aux plans du Débarquement


F.-R. Cristiani-Fassin

Voir le site de Raymond Fassin

François-René Cristiani-Fassin témoigne de l'action de son père Raymond Fassin, Français
Libre, mort en déportation.

Avant guerre instituteur au groupe Paul-Bert de Malakoff (92) - où une rue porte aujourd’hui son nom[1] -, Raymond Fassin avait un père blessé en 14-18 et un engagement personnel qui le destinait à se battre pour l’indépendance de son pays. Il n’acceptera pas l’armistice signée par Pétain et, désertant la base aérienne de Tours où il suivait une formation d’observateur aérien, il rejoint St-Jean-de-Luz. Là, il embarque dès le 21 juin 1940 sur le bateau polonais « Jean-Sobieski », à destination de l’Angleterre. Et, le 23 juin 1940, signe à Londres un contrat d’engagement dans les Forces aériennes de la France Libre (F.A.F.L.).

Raymond Fassin-Sif et sa compagne Henriette Gilles-Sif 5

Début mai 44, Raymond Fassin-Sif et sa compagne Henriette Gilles-Sif 5, enceinte, cachent leurs menottes comme ils peuvent durant leur transfert de Fresnes à la prison de Loos-les-Lille.

Après des mois d’entraînement au renseignement, au maniement des armes, au sabotage et à la vie clandestine, le voici affecté à l’état-major « Air ». Et c’est Passy qui, le 20 septembre1941, demande son détachement à l’état-major particulier du général de Gaulle, service des missions, section P. Il rejoint ainsi le Bureau central de renseignement et d’action (B.C.R.A.), les services secrets de la France Libre.

C’est là que Jean Moulin le choisira pour être parachuté avec lui et Hervé Monjaret au dessus des Alpilles dans cette fameuse nuit du 1er au 2 janvier 1942, point de départ de la « mission Rex ». Basé à Lyon, officier de liaison de la France Libre auprès du mouvement Combat, Fassin est désormais « SIF » et va s’entourer d’adjoints qui prendront les pseudos de Sif Prime, Sif bis, Sif 2, et jusqu’à Sif 10. D’autant que Jean Moulin va très vite le charger d’organiser pour toute la zone Sud un Bureau des opérations aériennes et maritimes (B.OA.M.), qui deviendra ensuite Service (S.O.A.M.), puis Centre d’opérations de parachutage et d’atterrissage (C.O.P.A) et enfin Service des atterrissages et parachutages (S.A.P.) - évidemment clandestins et de nuit, le plus souvent à la pleine lune, et faisant appel aux avions « Lysanders » et « Hudson » et aux pilotes de la Royal Air Force (RAF) britannique.

Fin 1942, au moment où les mouvements de la Résistance intérieure s’unissent dans les M.U.R. et où se crée l’Armée secrète, Moulin lui confiera en outre une mission de coordination, en zone Sud toujours, des six régions, nommées de R1 à R6. Au printemps de 1943, Fassin est considéré comme brûlé en zone Sud et Jean Moulin, qui l’appréciait, envisage sérieusement de le faire repartir pour l’Angleterre. Mi-juin, il rejoindra effectivement, par un vol clandestin de nuit, Londres et le B.C.R.A., où il se présentera le… 18 juin 1943.

Là, une seconde mission va lui être confiée - mission « Piquier », pseudos : Barsac puis Comète, FX06, etc… -, qu’il accomplira sous plusieurs fausses identités. Il est reparachuté en France dans la nuit du 15 au16 septembre 43 en tant que Délégué militaire régional « A » (DMR A) pour organiser l’action paramilitaire de la Résistance (dans la perspective du futur Débarquement) dans la région « A » (Nord de la France). Mais le contexte était bien différent de celui de la zone Sud, et plus dangereux encore. Dénoncé par un de ses agents de liaison retourné par la Gestapo, il sera arrêté à Paris le 2 avril 1944 sous le faux nom de Charles Dacier, avec sa compagne Sif 5 (Solange, Carolle), enceinte[2]. D’abord incarcérés à Fresnes, ils seront transférés et internés le 2 mai 1944 à la prison de Loos-les-Lille (Nord). Le 1er septembre 1944, Fassin sera déporté en wagon à bestiaux par le « dernier train de Loos », pour arriver d’abord, le 5 septembre, au camp de Sachsenhausen-Oranienburg (matricule 97 648) puis, vers fin octobre 44, à Neuengamme (près de Hambourg). Il mourra - de maladie et de mauvais traitements - au « kommando » de Watenstedt 1/usines Hermann-Goering, le 12 février 1945.

Les états de service officiels lui donnent la qualité de chef de mission de 1ère classe (grade correspondant: lieutenant-colonel) aux réseaux de la France combattante (FFC) - réseau « Action ». Son acte de décès sera dressé officiellement le 01/08/1946 avec la mention « Mort pour la France », et aujourd’hui celle de « Mort en déportation ». Raymond Fassin a reçu la « King’s medal » britannique en tant que « French Air Force » en date du 9 sept. 1947, et été promu, en août 44 pendant sa détention, sous son pseudo de Jean-René Barsac, au grade de Chevalier de la Légion d’honneur, avec ce texte de citation : « Officier admirable. Après avoir accompli une mission de 18 mois en France, s’est porté Volontaire, bien que recherché par la Gestapo, pour effectuer une nouvelle mission. Depuis septembre 1943, a réussi à mettre en place les plans militaires prévus par le Commandement Interallié, et contribué à l’organisation de la Résistance dans l’une des régions les plus importantes de France, où la densité des troupes allemandes et l’activité de la Gestapo sont particulièrement dangereuses ».




[1] A Malakoff, une plaque apposée dans l’entrée du groupe Paul-Bert honore également la mémoire de Raymond Fassin. De même, il figure, pour avoir habité Vanves avant-guerre, sur la stèle érigée en «hommage aux victimes vanvéennes de la barbarie nazie». Enfin, à Salon-de-Provence, son nom est gravé, aux côtés de ceux de Jean Moulin et Hervé Monjaret, au pied de la statue du Mémorial Jean-Moulin.

Cérémonie : le dimanche 21 juillet 1946 à 10h, en l’église Saint-Louis des Invalides et en présence de Georges Bidault, alors président du Gouvernement provisoire de la République française, a été célébrée une cérémonie funèbre à la mémoire, précise le carton d’invitation, de : « Jean Moulin, dit Rex ou Max, 1er délégué du général de Gaulle en France, Raymond Fassin, dit SIF, premier chef opérations zone Sud, Jean Ayral, dit Pal, premier chef opérations zone Nord, Bruno Larat, dit Luc, chef opérations zone Sud et Jean Gilles, dit Jean-Marie, adjoint du premier chef opérations zone Sud - héros et pionniers de la Résistance morts pour la France ».

[2] Lire aussi le mémoire de maîtrise d’histoire de Chloé Gillet : «Raymond Fassin et Carole Gilles : les destins croisés de deux résistants» (2006).


Date de création : 20/04/2009 - 22:14
Dernière modification : 05/07/2011 - 19:36
Catégorie : Ses Compagnons
Page lue 9969 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article

Réactions à cet article


Réaction n°1 

par JPAUL le 23/01/2011 - 11:56

Pourquoi un homme comme Raymond Fassin, résistant de la première heure, arrêté pour ses actions de résistance et mort en camp de déportation ne soit pas un compagnon de la libération?

En lisant le livre de Daniel Cordier "Alias Caracalla", j'ai le sentiment que cette distinction était un peu arbitraire et qu'elle n'était pas toujours attribuée aux plus valeureux.


Réponse de François-René Cristiani-Fassin :

En effet, cela paraît plus qu'étonnant mais la liste des Compagnons a été très tôt fermée par le général de Gaulle, lequel ne l'a jamais rouverte, même après son retour aux affaires. La mort de Raymond Fassin au camp de Neuengamme n'a été certaine que courant 1946, ceci explique peut-être cela...

Mais il y a aussi ce que m'a confié Paul Rivière, qui fut SIF bis puis succeda à mon père à la tête du service atterrissages-parachutages : "Après la guerre, on a d'abord pensé aux (sur)vivants"...

Et on peut aussi déplorer le nombre dérisoire de femmes Compagnons: six!

F.-R. Cristiani-Fassin

Recherche



Webmestre - Infos
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Top