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Hommages du Mémorial - Louis Guyomard


Hommage à Louis Guyomard (1922-2012)

Colonel Claude CHATON,
vice-président du Comité de la Légion d’honneur de Hyères (Var)



Dès le 20 juin 1940, âgé de 17 ans et 10 mois, Louis GUYOMARD crée, en Bretagne, un réseau d'évasion (baptisé par la suite Craonne) de prisonniers de guerre anglais , polonais et français (52 au total) pour lesquels il établit, avec son frère cadet, de fausses cartes d'identité portant le timbre officiel de la mairie de son village natal.

Il recueille également des renseignements stratégiques, relève les plans de défense allemands et les fait transmettre à Londres par l'intermédiaire d'un agent de la Confrérie Notre-Dame (C.N.D.).

Dénoncé et arrêté par la Gestapo, il réussit à s'enfuir le 15 mars 1941. Après maintes péripéties et un périple extraordinaire, il rejoint l'armée française au Maroc. Le 8 novembre 1942, en permission en France lors du débarquement allié en Afrique du Nord et alors qu'il est interdit de quitter le territoire métropolitain, il tente malgré tout de repartir, par ses propres moyens, au Maroc.

Ayant réussi, malgré de nombreux avatars, à franchir la frontière espagnole, il est arrêté dans un train à proximité de Barcelone. Interné dans le camp tristement célèbre de Miranda, à Gérone, et torturé alors qu'il cherche à protéger des camarades, il tient bon et donne l'exemple aux autres détenus. Libéré grâce à la Croix-Rouge britannique, il rejoint enfin les Forces Françaises du Maroc et participe avec le 2ème régiment de Tirailleurs marocains à la campagne d'Italie où il est blessé à Cassino.

Volontaire pour les services spéciaux (missions derrière les lignes ennemies), il intègre les «Sussex» (réseau d'agents de renseignement, en territoire occupé, préparant et accompagnant le débarquement du 6 juin 1944). Parachuté de nuit, sa zone est la Champagne, avec Troyes pour pivot. Grâce à son activité, il facilite amplement l'action des troupes américaines pour la libération de cette ville, fait lui-même 80 prisonniers et envoie 72 messages radio à destination de Londres. Il est décoré pour la parfaite exécution de cette mission de la Silver Star Medal US.

Après quoi il est à nouveau parachuté en Lorraine, en Belgique (lors de la contre offensive allemande des Ardennes) et en Allemagne, afin de participer à la libération des camps de la mort dans le cadre de l'unité interalliée «Spécial Allied Airborn Reconnaissance Force» plus connue sous l'acronyme «SAARF».

A la capitulation allemande, Louis Guyomard se porte volontaire pour servir au commando Conus luttant en Extrême Orient. Il participe à tous les combats de cette unité de choc tant en Cochinchine, au Laos, au Cambodge qu'au sud-Annam contre les troupes japonaises et mêmes chinoises.

Dégagé, à sa demande, des cadres de l'armée le 31 décembre 1946, il totalise cinq citations françaises: 1 à l'ordre de l'Armée, 3 à l'ordre de la Division et 1 à l'ordre du Régiment, une blessure de guerre, une citation américaine avec attribution de la Silver Star Medal et de nombreuses médailles et distinctions.

Tout en exerçant par la suite différentes professions (exploitant forestier au Cameroun, responsable de syndicats d'exploitants agricoles au Maroc, directeur puis directeur général adjoint fondé de pouvoir du groupe Viniprix-Euromarché), Louis Guyomard assume les responsabilités de président d'associations patriotiques en particulier les Sussex, Commando Conus, de vice-président national des «Evadés de France par l'Espagne» et rejoint le comité départemental du Var du Comité régional du Mémorial Jean-Moulin de Salon-de-Provence.

Par ailleurs, à la suite du tremblement de terre d'Agadir, le 29 février 1960, après avoir été parmi les premiers à porter secours aux victimes, il crée une association «Le Lien des Anciens d'Agadir et du Souss» regroupant encore actuellement en France et au Maroc 350 familles.

Jusqu'au bout, Louis Guyomard aura continué à œuvrer en permanence pour la reconnaissance des mérites de ses camarades encore en vie ou décédés au combat sous un nom d'emprunt. Invité à nombre de rassemblements patriotiques, il participe avec foi et rayonnement aux cérémonies, colloques et autres manifestations.

Président fondateur et fédérateur des noyaux restants des réseaux Sussex et Conus, il pérennise un travail de mémoire toujours vivace : publications dans différentes revues, réponses aux chercheurs historiques français et étrangers, conseils pour la création du musée des anciens «Sussex» à Hochfelden en Alsace, dons de matériels (musée de l'Armée, ...) etc.

Son action, entamée alors qu'il n'avait pas encore vingt ans, est une référence pour les jeunes du XXIème siècle, leur permettant de comprendre l'image de la France combattante d'alors. Louis fut donc un très jeune résistant, un évadé interné, un combattant extraordinaire puis un acteur inlassable du devoir de mémoire.


Le 12 avril 2012 , les cendres de Louis Guyomard ont été déposées, selon ses dernières volontés, dans la crypte du carré des légionnaires de l'institution des invalides de la Légion étrangère, à Puyloubier (Bouches-du-Rhône).

Le Comité régional du Mémorial Jean-Moulin s'est associé à cette cérémonie.


Date de création : 24/04/2012 - 10:50
Dernière modification : 24/04/2012 - 10:56
Catégorie : Hommages du Mémorial
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Réactions à cet article


Réaction n°4 

par lelouarn le 31/12/2012 - 17:44

je suis désolé d'apprendre la mort de Louis par cette voie d'internet. Je l'avais reçu chez moi a Plouagat. Il était tellement desolé de la séparation de Jacqueline sa femme qu'il aimait tant. Sa famille était tout pour lui. Il attendait tous les jours un meilleur jour de lumière près de vous tous.
Louis avait un grand coeur et je l'ai apprécié.
Je suis désolé pour vous car vous étiez son histoire d'amour.
Alain de Bretagne... (je suis le mari d'Annick Robin décédée il ya 3 ans. Depuis je connais la douleur de perdre quelqu'un de sa famille.)
Mes meilleurs voeux pour l'année 2013.

Réaction n°2 

par gasmi le 30/10/2012 - 12:32

J'ai bien connu "LOULOU", j'ai travaillé avec lui sous les ordres du commissaire divisionnaire ALBERT. J'ai rencontré sa fille par hasard à Aix-en-Provence. Elle m'a appris le décès de ce grand ami qui m'a bien aidé alors que j'étais débutant (Officier de Police Adjoint). Nous avions mis en route un système de fausses désertions de légionnaires pour infiltrer l'armée de la libération marocaine. Les légionnaires mis en danger et courant le risque d'être "embarqués" vers le Souss, a motivé une intervention du service alors que j'étais de permanence. Nous avons donné le change aux marocains, en traitant ces élèments comme des déserteurs recherchés par la P.M. de la légion qui a agi sous les yeux des marocains avec la plus extrême brutalité... Il le fallait bien ! Le Colonel Philippon de la L.E. (alors capitaine) ne savait comment exprimer sa satisfaction. Nous avions disposé des caches d'armes pour préserver la population civile. "Loulou" était un grand bonhomme. Adieu, et " repos ! ".

Réaction n°1 

par murinette le 06/10/2012 - 20:08

IM MEMORIAM Le 4 Octobre 2012 il y a eu 6 mois de notre temps terrestre que Louis GUYOMARD a quitté cette vie. Paix à son âme pour l'éternité...........et à bientôt PAPA.
Sa fille Françoise
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